Œuvres dans l’espace public

L’immersion dans le monde de l’art contemporain et dans la collection du Mrac Occitanie à Sérignan commence dès le parvis du musée. Nous vous invitons à découvrir un ensemble d’œuvres qui l’entoure.
Retrouvez dans l’Agenda les dates des visites programmées de ce parcours extérieur et si vous êtes un groupe, n’hésitez pas à demander une réservation !


Daniel Buren, "Photo-souvenir : Rotation", travail in situ, 2006. Vinyles colorés auto-adhésifs sur 46 fenêtres, dimensions variables. Photo : Jean-Paul Planchon. © Daniel Buren, Adagp

Daniel Buren, "Rotation", travail in situ

Daniel Buren avec l’œuvre Rotation présente un dispositif in situ qui entretient un dialogue avec l’architecture des lieux. En effet, a enserré la totalité du musée en posant des couleurs sur l’ensemble des parties vitrées créant ainsi des effets visuels à l’intérieur comme à l’extérieur du musée.

L’artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l’espace par la lumière naturelle. A chaque heure du jour, le public découvrira une nouvelle installation. Cette œuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l’espace par l’explosion de la couleur. L’impression d’éclatement de l’œuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier. La visite du musée un après-midi ensoleillé offre aux visiteurs une excellente appréhension de l’œuvre : une immersion dans un véritable bain coloré.

Daniel Buren, "Photo-souvenir : Rotation", travail in situ, 2006. Vinyles colorés auto-adhésifs sur 46 fenêtres, dimensions variables. Photo : Jean-Paul Planchon. © Daniel Buren, Adagp « […] En partant de l’entrée, chaque fenêtre est coupée en quatre par des diagonales ; puis sont posées quatre couleurs plus ou moins basiques : les trois primaires et le vert, qui ne l’est pas. À chaque fois, un quart de cette surface est touchée par une alternance de bandes blanches et de bandes transparentes. Et celles-ci tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, de fenêtre en fenêtre, constamment. C’est pourquoi le titre est Rotation. […] » Daniel Buren, 2006.

En savoir plus sur Rotation

Daniel Buren

Né en 1938 à Boulogne-Billancourt, France
Vit et travaille in situ

En 1965, Daniel Buren met au point son « outil visuel » : des bandes verticales alternées blanches et colorées de 8,7 cm de largeur, répétant ses rayures à l’infini et sur tous les supports. Le choix d’un motif fabriqué industriellement répond à son désir d’objectivité. En 1966, Daniel Buren s’associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT. Ce qui lie « BMPT » est la pratique commune de la répétition systématique d’un même motif, ainsi que la volonté de s’opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique. Ce travail est l’occasion d’examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l’art.
Se posant toujours en théoricien de son propre travail, Daniel Buren accompagne toutes ses installations d’un descriptif, de notes explicatives : de l’emploi dans les premières toiles d’un tissu industriel constitué de bandes égales et verticales blanches, à l’utilisation de ce tissu comme lieu de l’inscription de la peinture, à la peinture comme non-lieu. L’artiste met très vite au point le concept de travail in situ, c’est-à-dire d’une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel le travail est programmé et réalisé. Daniel Buren procède toujours à une analyse du lieu en révélant ces particularités les plus significatives et les moins visibles. Il parle lui-même « d’instrument pour voir », car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L’œuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémère.

Au Mrac, Daniel Buren présente un dispositif in situ qui entretient un dialogue avec l’architecture des lieux. En effet, il intervient sur la totalité des parois vitrées du musée. L’artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l’espace par la lumière naturelle. A chaque heure du jour, le public découvrira une nouvelle installation. Cette œuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l’espace par l’explosion de la couleur. L’impression d’éclatement de l’oeuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier.
D’autres œuvres de Daniel Buren sont présentes dans les collections du Mrac dont La Cabane éclatée aux caissons lumineux colorés, pièce majeure de l’artiste ainsi que la série de dessins préparatoires à Rayonnant, commande publique pour les pourtours de la Cigalière réalisée en collaboration avec l’architecte Nicolas Guillot.

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Erró, "Les Femmes fatales", 1995-2006. Céramique peinte. Photo Jean-Paul Planchon. © Adagp

Erró, "Les Femmes fatales"

Chef de file de la Figuration Narrative - un équivalent français du pop art qui émerge au début des années soixante, l’artiste islandais Erró réalise des collages avec une multitude d’images qu’il collectionne, extraites de la presse, de la publicité, du cinéma, de la bande-dessinée, de la propagande politique.
Les Femmes fatales , grande fresque de céramiques réalisée selon la technique des azulejos portugais est installée sur la façade extérieure du musée.
Erró met en scène un univers peuplé de femmes régnant en maîtres : des super-héroïnes sorties des comics américains de Marvel ou publiées par DC Comics, des femmes guerrières, des figures de la mythologie islandaise ou de l’histoire telles Jeanne d’Arc ou des icônes pop telle Madonna.

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Peter Stämpfli, "Stèle double face N/B", 2004. Résine époxy. Photo Pierre Schwartz © Adagp

Peter Stämpfli, "Stèle double face N/B"

Peter Stämpfli, proche du Pop Art, puise son inspiration dans la société de consommation en plein essor dans les années 60. Les sujets de ses peintures sont les objets du quotidien et les gestes ordinaires tels que tenir une cigarette ou remplir une machine à laver. Puis il choisit comme sujet de prédilection l’automobile, symbole de la production en série et d’un mode de vie moderne. Il y trouve des formes « plus géométriques, plus réalistes, plus techniques ». Cette recherche picturale le mène à partir de 1969 à ne représenter plus que le pneu ou les traces de pneus pour aller vers la simplification voir l’abstraction comme avec la sculpture Stèle double face N/B.

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Bruno Peinado, "Il faut reconstruire l'Hacienda", œuvre pérenne sur la façade de l'extension du Mrac. Photographie Aurélien Mole. © Adagp

Bruno Peinado, "Il faut reconstruire l’Hacienda"

Depuis 2016, la façade de l’extension présente une installation magistrale de l’artiste Bruno Peinado intitulée Il faut reconstruire l’Hacienda.

Bruno Peinado, "Il faut reconstruire l'Hacienda", œuvre pérenne sur la façade de l'extension du Mrac. Photographie Aurélien Mole. © Adagp L’artiste perçoit l’ancienne maison vigneronne devenue musée en 2006 comme une hacienda, lieu de vie et de travail.
Le projet s’inspire également de l’imaginaire de l’Hacienda, texte manifeste situationniste écrit en 1953 par Ivan Chtcheglov qui donnera son nom dans les années 80 à une boîte de nuit mythique de Manchester : FAC 51 The Haçienda.

Cette œuvre est l’occasion pour Bruno Peinado de repenser l’espace public. Elle se compose d’une série de panneaux et d’enseignes libérés de tout contenu publicitaire, cohabitant avec ceux de La Poste, et évoquant des tableaux abstraits d’artistes modernes (tel Henri Matisse) et d’artistes contemporains de la collection du musée.

Bruno Peinado

Né en 1970 à Montpellier
Vit et travaille à Douarnenez

Son travail puise abondamment dans toutes les formes de cultures et s’enrichit de la prolifération des références. En mixant ces diverses influences, Bruno Peinado invente de nouveaux liens entre l’art et la vie quotidienne. L’artiste n’a de cesse de s’emparer de nos icônes contemporaines, de revisiter les produits culturels, de l’iMac qu’il réalise en céramique jusqu’au bonhomme Michelin qu’il créolise. Il s’inspire tout autant des créations modernistes des époux Eames que des pochettes de disques de groupe punk ou reggae pour dessiner, sculpter, installer ; investissant tous les champs, faisant éclater les conventions comme les hiérarchies de genre.

L’invitation faite à Bruno Peinado d’intervenir sur la façade du Mrac est directement liée au projet de l’extension, située dans le bâtiment adjacent au musée existant, au premier étage de la Poste qui reste en fonctionnement.
Le projet pour la façade consiste en deux gestes forts :

  • Le premier geste lie symboliquement les deux bâtiments, l’ancien et l’extension, en empruntant la
    couleur grise des plaques de granit du musée existant pour l’appliquer sur la totalité du bâtiment de
    l’extension. La couleur grise est une récurrence dans le vocabulaire plastique de l’artiste, la couleur
    du métissage. Ici, elle a également pour fonction d’apaiser visuellement des façades très chargées et
    d’accueillir les « enseignes-tableaux » du projet.
  • Le second geste permet de faire dialoguer la forte présence d’enseignes publicitaires et de signalétiques, notamment sur le bâtiment qui abrite la Poste mais plus largement dans le sud, avec un
    imaginaire lié à l’art abstrait et aux avant-gardes artistiques que la collection du musée convoque.
    L’intervention de Peinado consiste à apposer sur les fenêtres obstruées une série de panneaux et d’enseignes libérées de tout contenu publicitaire et ramenées à leur proximité visuelle avec des tableaux abstraits.

L’œuvre de Bruno Peinado, une série d’enseignes-tableaux colorées réalisées à partir de techniques et de matériaux de la signalétique (panneaux luminescents, caissons lumineux rétroéclairés, panneaux trivision etc..), tisse un lien avec l’histoire de l’art en général et celle de la collection du Mrac en particulier. Parmi les enseignes de la façade, le public peut interpréter les clins d’œil de l’artiste au design de la boîte nuit de l’Haçienda (club mythique de Manchester qui a fondé les bases de la scène House anglaise, et qui a été le lieu de rencontre de musiciens, plasticiens et graphistes, nourris et influencés par la modernité), au célèbre tableau de Matisse, Porte-fenêtre à Collioure, au Pop Art, ou encore aux monochromes d’Olivier Mosset. Toutes ces enseignes-tableaux ont en commun de revisiter la question de la couleur sur un support, des couleurs pastel, mineures, qui évoquent un soir d’orage sur le grand sud.

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Peter Downsbrough, "ET, exterior piece", 2014. Métal. Photo Aurélien Mole. © Adagp

Peter Downsbrough, "ET", exterior piece

Peter Downsbrough utilise un vocabulaire plastique épuré, constitué de figures géométriques simples, de lignes, de mots. Ses nombreuses pratiques artistiques – sculptures, photographies, pièces murales, livres, films, éditions, pièces sonores, interventions dans les villes – fondées sur la notion de position, de séquence, d’intervalle, interrogent le point de vue.
La sculpture ET, exterior piece dessine une ligne verticale qui se mêle à celles de l’espace urbain (bâtiment, lampadaires, arbres…). La conjonction de coordination "et" semble vouloir créer du lien avec tous ces éléments qui l’entourent.
L’œuvre de Peter Downsbrough nous invite au déplacement pour chercher tous ces différents points de vue et lectures possibles entre elle et la ville. Elle est prêtée par l’artiste pour une durée indéterminée.

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