AccueilMrac OccitanieExpositionsHuz & Bosshard. "Une pensée pour les familles des (…)

Huz & Bosshard. "Une pensée pour les familles des vitrines"

Du 18 avril au 30 août

Le Mrac présente Une pensée pour les familles des vitrines , une exposition consacrée au travail des graphistes Huz & Bosshard, acteurs essentiels mais souvent invisibles de la vie du Mrac Occitanie. Depuis plus de 10 ans, le duo de graphistes conçoit flyers, affiches, livrets de salle, programmes, cartons d’invitation pour le musée : ces objets graphiques accompagnent les expositions, les événements et la programmation du musée. À travers cette exposition, le Mrac Occitanie met en lumière une pratique fondamentale : celle du design graphique comme outil de médiation, de collaboration et de création à part entière.

Pensés pour informer, orienter ou séduire, ils sont par nature éphémères, souvent manipulés, emportés, parfois jetés ou collectionnés par le public. Leur fonction première les destine rarement à être conservés, encore moins exposés. Pourtant, ils constituent une mémoire visuelle précieuse et témoignent d’un travail de conception rigoureux, sensible et engagé.

L’exposition propose de revenir sur ces productions graphiques en les extrayant de leur contexte d’usage pour les considérer comme des objets culturels à part entière. Elle dévoile les coulisses du travail des graphistes du musée : leurs méthodes, leurs choix esthétiques, leurs contraintes, mais aussi leur dialogue constant avec les équipes curatoriales, les artistes invité·es, l’équipe du musée et l’identité de l’institution. Par essence, le travail des graphistes est collaboratif, c’est donc tout naturellement qu’ils ont souhaité inviter les artistes Camille Llobet et Matthieu Saladin à intervenir dans leur exposition. Dans cette relation, le design graphique agit comme une interface, à la fois au service des œuvres et capable d’en proposer une lecture singulière, parfois critique, parfois normative. Il en résulte aussi une réflexion convergente sur la notion de travail, d’archive et de partage.

En mettant en regard différents projets de communication réalisés sur les dix dernières années pour le musée et par extension dans d’autres contextes, l’exposition souligne la dimension collaborative du design graphique. Chaque projet est le fruit d’un échange, d’une interprétation et d’une traduction visuelle d’un propos artistique ou scientifique. Le graphisme devient alors un espace de rencontres entre le musée et les artistes, entre le contenu et le public.

Au-delà de la valorisation d’un travail parfois relégué à l’arrière-plan, Une pensée pour les familles des vitrines interroge les enjeux contemporains du design graphique : sa visibilité, sa pérennité, son statut entre fonction et création. Elle invite le public à porter un nouveau regard sur ces formes familières, à repenser leur rôle dans l’expérience des lieux culturels et à reconnaître le graphisme comme un langage essentiel de notre environnement visuel.

L’exposition de notre travail au Musée régional d’art contemporain à Sérignan est nécessairement collective. Que ce soit dans la conception des supports de communication pour le musée ou d’autres institutions, de livres ou encore d’autres médiums dont la variété fait le design graphique, notre pratique se réalise à la croisée d’autres, à la rencontre des artistes, des commissaires d’exposition et des critiques d’art, des éditeur·ices et des chef·fes de fabrication, des iconographes ou encore des typographes. C’est avec toutes ces personnes que l’exposition se construit.

Ce graphisme ordinaire, s’il accompagne des œuvres n’en est pas une pour autant et l’exposer ne peut en offrir qu’une vue partielle, hors contexte. Ces documents éphémères que nous dessinons sont voués à disparaître : ils apparaissent lorsque le besoin s’en fait sentir – un carton pour annoncer une exposition, une affiche pour communiquer un événement –, et s’évanouissent dès lors que leur mission s’achève. Leur usage est limité dans le temps et l’espace.

Autour de cette production quotidienne, il existe également des œuvres dans lesquelles notre production s’inscrit. Nous avons ainsi invité deux artistes avec qui nous avons collaboré et collaborons au moment de cette exposition : Camille Llobet et Matthieu Saladin avec qui nous sommes traversés par des questions de travail au sens large. L’exposition explore comment le design graphique est en travail, sert au travail ou parle du travail.


Huz & Bosshard
Ariane Bosshard et Olivier Huz
Ariane Bosshard (1984) et Olivier Huz (1976) sont graphistes, ensemble iels forment le duo Huz & Bosshard. Leur production est principalement dédiée à l’édition (Centre Pompidou, Manuella, Dilecta…) et aux artistes (Camille Llobet, Matthieu Saladin, Véronique Joumard…) avec lesquelles iels collaborent étroitement à la conception éditoriale des ouvrages qu’iels conçoivent.
Ariane a étudié la typographie et l’édition à La Cambre à Bruxelles et obtient son master en 2009. Olivier est diplômé en 2000 des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est professeur à l’Institut supérieur des arts et du design de Toulouse (isdat) depuis 2012.
Tous deux engagés dans la recherche en design graphique, iels ont contribué à des revues (Revue Faire, OpticalSound), des colloques (Les formes visuelles du collectif) et ont précisément écrit et conçu la monographie des designers graphiques parisiens, ABM Studio.
Olivier a publié en 2024, « Prendre l’image, Le graphisme comme situation politique » aux éditions Lorelei, et a écrit dans le 30e numéro de la revue annuelle du CNAP « Graphisme en France » sur le graphisme d’utilité publique « L’apparence et le sens ».
www.huz-bosshard.com

Camille Llobet
Vit et travaille à Sallanches (Haute-Savoie, France).
Artiste plasticienne et réalisatrice, Camille Llobet est diplômée de l’École supérieure d’art Annecy Alpes (2007). En 2023, elle présente une première grande exposition monographique à l’Institut d’art contemporain Villeurbanne/Rhône-Alpes intitulée « Fond d’air ». Après avoir exploré l’oralité, le mouvement et la perception humaine comme des territoires de recherche lors de tournages en studio, elle a déplacé ses protocoles de travail en haute montagne. Cet environnement complexe fait de roche, neige et glace est aujourd’hui en cours de mutation. Une transformation brutale due à l’accélération de la fonte des glaces et des écroulements rocheux qui place un temps géomorphologique au niveau de celui d’une vie humaine. Elle réalise un premier essai documentaire moyen métrage, « Pacheû » (2023), sélectionné au FID Marseille en compétition française et compétition premier film et primé au festival Entrevues, Belfort. En 2025 elle présente un nouveau projet vidéo et sonore intitulé « Moraine » sélectionné au FID (Marseille), à Doclisboa (Lisbonne, Portugal) et présenté à la Biennale Son #2 (Valais, Suisse). Ce projet donne également lieu à une série de photographies et un livre d’artiste « Glacier noir » (Roma Publications, juin 2025). Elle travaille actuellement sur un projet de recherche au long cours sur les travailleur·euses de haute montagne et la dimension industrielle du massif du Mont-Blanc intitulé « Monstre pente ».

Matthieu Saladin
Matthieu Saladin vit et travaille à Paris et Rennes. Sa pratique s’inscrit dans une approche conceptuelle de l’art, interrogeant les relations sociales, économiques, politiques et idéologiques qui régissent notre contemporanéité. À travers la transposition d’unités, l’indexation de valeurs ou l’assignation de statistiques à des objets ou des événements, il s’intéresse aux rapports de pouvoir à l’œuvre dans une situation donnée et à l’économie politique qui la gouverne. Son travail prend aussi bien la forme de protocoles, d’installations et de performances que de publications, de vidéos et de créations de logiciels. Il est représenté par la galerie Salle Principale et présent dans les collections du Fonds national d’art contemporain, du FRAC Franche-Comté, du FRAC Normandie Rouen, MAMC+ de Saint-Étienne Métropole, du CDLA et de la Fondation Kadist.

Carton d'invitation de l'exposition « Se souvenir des Belles Choses », Mrac, Sérignan, 2016. Design graphique : Huz & Bosshard. Carton d’invitation de l’exposition « Se souvenir des Belles Choses », Mrac, Sérignan, 2016. Design graphique : Huz & Bosshard.
Matthieu Saladin, Calendrier des révoltes 2019. Design graphique : Huz & Bosshard, impression offset, 78 x 58 cm. Production BBB Centre d'art, Toulouse. Matthieu Saladin, Calendrier des révoltes 2019. Design graphique : Huz & Bosshard, impression offset, 78 x 58 cm. Production BBB Centre d’art, Toulouse.