MRAC

20 janvier 2012, 15h

Conférence sur l'artiste Dado et le dessin par Charlotte Waligora

LE DESSIN DANS L’ŒUVRE DE DADO
L’histoire du dessin, dans l’œuvre de Dado, est étroitement liée à l’histoire de l’œuvre peint, à l’œuvre gravé ou encore à l’art des assemblages. Et pourtant cet ensemble est parfaitement autonome. Si le dessin en est à la fois la genèse ou le prolongement, il est aussi l’une de ses plus belles constellations.
Miodrag Djuric, dit Dado, né à Cetinje au Monténégro en 1933, entreprend des études secondaires artistiques à Herceg Novi en 1952. Quatre ans plus tard, il intègre les Beaux-Arts de Belgrade. Dessinateur depuis sa plus tendre enfance, il y initie un mouvement « Mediala », qui, en marge des exigences du réalisme socialiste, réintroduit l’humain au cœur de toute préoccupation, tout en ressuscitant des formes artistiques du passé et en réservant à l’art du dessin une position particulière. En 1956, Dado arrive en France où il restera jusqu’à son décès en 2010 et où il imagine une des œuvres les plus polymorphes du XXe siècle, marquant de son empreinte le panorama de la peinture figurative française de la seconde moitié du XXe.
Dado a ainsi exprimé le rapport qu’il entretenait avec l’encre et la feuille : « (…) Je dessine pratiquement tous les jours, surtout quand il n’y a plus de lumière, vers le soir ou pendant l’hiver. Après la fatigue des grands tableaux à l’huile, les dessins à la plume étaient censés être un genre de repos – ou du moins un moyen d’échapper à la peinture et de la retrouver avec d’autres yeux. »
Dado fut un dessinateur « compulsif ». Jusqu’à la fin de sa vie, un bout de papier, un kleenex, n’importe quelle type de feuille, lui servirent de support où il s’est attaché à figurer à la plume sa vision du monde par le biais d’une humanité représentée dans toute la splendeur de sa vulnérabilité corporelle.
L’artiste avait défini un « Syndrome Dado » à caractère médical, pour affirmer sa passion, visible dans chaque aspect de son œuvre, de l’anatomie et de la dermatologie. Le corps humain se fait une fois encore l’écho de l’univers tout entier et du « Livre de Job », tout en ayant été pour l’artiste, ce que la pomme ou la Sainte-Victoire fut, en son temps, à Cézanne.

Charlotte Waligora est historienne d'art et directrice de la Fondation Rustin à Paris

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