MRAC

07 mai 2013, 16h

Rencontre avec l'artiste Reno Leplat-Torti

 Jusqu'au 7 mai 2013, le Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon à Sérignan, présente l'exposition « Paňos, art carcéral chicano, Collection de Reno Leplat-Torti, en regard des productions des personnes détenues du Centre pénitentiaire de Béziers ».

Depuis deux ans, le musée a initié des actions avec le centre pénitentiaire de Béziers dans le cadre du programme « Culture-Justice ». Des visites au musée pour les détenus bénéficiant de permissions de sortie et l'intervention d'artistes ont été mises en place, l'accès à la culture étant un droit fondamental. En février 2013, l'artiste Reno Leplat-Torti a proposé aux personnes détenues un atelier de création de paños, tradition carcérale de dessins sur mouchoirs destinés aux proches des prisonniers. En adaptant et traduisant les codes conçus par les détenus chicanos dans les prisons des États-Unis, les personnes détenues du centre pénitentiaire de Béziers ont réalisé leurs propres mouchoirs. Le musée présente l'exposition de ces mouchoirs en écho d'une sélection de la collection de Reno Leplat-Torti qui compte plus de deux cents paños.

Reno Leplat-Torti, né en 1984 à Marseille, est artiste sérigraphe, graphiste, auteur de comics, réalisateur de documentaires, collectionneur. Issu du graphzine, il intègre l'École des Beaux-Arts de Nîmes où il fonde la maison d'éditions Nunu. Il y a cinq ans, en glanant sur internet des petits objets fabriqués en prison, il découvre l'art des paños. Frappé par la puissance à la fois du sujet et de la forme, il prend contact avec des familles de détenus américains et possède aujourd'hui une importante collection présentée dans de nombreuses galeries en Europe. Il prépare actuellement un film documentaire sur le sujet.

L’art du paño, diminutif de pañuelo (“mouchoir” en espagnol), art populaire marginal, est apparu pendant les années quarante dans les prisons du Texas, de Californie et du Nouveau-Mexique. Les détenus, d'origine généralement hispaniques, illettrés pour la plupart, inventent leur propre système de communication avec l’extérieur. Sur de simples mouchoirs réglementaires attribués par l’administration pénitentiaire, ils dessinent à la plume avec de l’encre récupérée, de la cire ou du café. Par la suite, dans les états du sud-ouest des États-Unis cette pratique devient une sorte d’art traditionnel carcéral et se répand dans le reste du pays. Les inspirations de la culture chicana est très présente : les évocations catholiques ou de la « vida loca » sont associées aux symboles de la prison et de l'amour dans tous ses états. Ces différentes iconographies se retrouvent également dans les tatouages chicanos et les peintures murales. Tels des objets transitionnels, les paňos rassurent et créent du lien au-delà des barreaux. Malgré la précarité des moyens de réalisation, une richesse d'expression visuelle se dégage de ces mouchoirs, une manière de transcender l'enfermement et l'isolement, le passage interminable du temps et l'ennui, la solitude de la survie en prison où l'identité est matée.

Le mardi 7 mai 2013 à 16h, une rencontre est organisée avec Reno Leplat-Torti qui partagera avec le public son intérêt pour les paňos ainsi que son expérience lors de son intervention auprès des personnes détenues du centre pénitentiaire de Béziers. La discussion sera suivie de la présentation de l'édition réalisée dans le cadre de l'exposition.

Ce rendez-vous, sera également l'occasion de venir découvrir ou re-découvrir l'exposition « Olivier Mosset » qui s'étend sur les deux niveaux du musée.

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