MRAC
DADO

Dado

Né(e) en 1933
à Cetinje (Monténégro)

Miodrag Djuric, plus connu sous le nom de Dado, surnom que lui donne sa mère lorsqu'il est enfant, est né le 4 octobre 1933 à Cetinje, en ex-Yougoslavie (Monténégro). Très tôt, il est confronté à l'horreur de la guerre, puisque la région est occupée par l'armée nazie et par les fascistes italiens. Il raconte avoir dû passer pendant plusieurs jours, pour aller et venir chez sa tante, devant deux partisans pendus sur la place du village et laissés en état de décomposition. Cet épisode, qui se déroule en janvier 1944, marque profondément le petit garçon de dix ans qu'était Dado. Très tôt, il est attiré par l’organique et le corps humain. Véritable figure tutélaire, son grand-père maternel, médecin hygiéniste, traducteur d’Homère et de Tolstoï, encourage sa vocation, tout comme sa mère, professeur de biologie. Il lui confie la réalisation de dessins pour illustrer ses ouvrages et l’encourage à « recopier » des planches anatomiques. Après la disparition de sa mère en 1944, Dado est recueilli par son oncle peintre. Il fréquente ensuite, entre 1947 et 1952, l'École des beaux-arts de Herceg Novi puis celle de Belgrade.  Exilé volontaire, Dado arrive en France en 1956. Travaillant dans un atelier de lithographie, il est très vite amené à rencontrer beaucoup d'artistes parisiens. L'un d'entre eux, Jean Dubuffet, avec qui Dado se lie d'amitié, lui présente son galeriste, Daniel Cordier, qui lui achète son premier tableau en 1957. Héros de la Résistance, Daniel Cordier devient alors son marchand d’art. Le collectionneur est dans un premier temps intéressé par des œuvres plus anciennes qui procèdent certes d’une part d’enfance et d’une mythologie très personnelle, mais aussi d’une culture visuelle et intellectuelle qui n’avait pas grand-chose à voir avec le tissu culturel français des années 1950. L’arrivée à Paris, la confrontation avec un nouvel environnement, les relations nouées avec d’autres artistes, des aînés comme Dubuffet, Giacometti ou Michaux, son amitié fraternelle avec Bernard Réquichot bouleversent la scène visionnaire de l’enfance, l’enrichissent d’éléments formels. Son don exceptionnel d’observation le conduit à s’émerveiller devant ce qui d’ordinaire est considéré comme laid, monstrueux – ce devant quoi on apprend à détourner le regard. Peintre de l’organique, l'artiste nourrit une immense admiration pour Buffon, célèbre naturaliste du XVIIIe siècle. En référence à son bestiaire artistique monstrueux, on l'a souvent désigné comme le Jérôme Bosch du XXe siècle. Très vite, les expositions s'enchaînent partout en Europe, aux États-Unis à partir de 1962. Une grande rétrospective lui est consacrée au Centre national d'art contemporain à Paris en 1970. Au cours des années 1980, le Musée national d'art moderne accorde une place importante à l'artiste, grâce aux importantes donations de Daniel Cordier et à l’exposition de 1981 au Cabinet d’art graphique, « L’Exaspération du trait ». En 1991, l'artiste voit se créer un musée portant son nom dans sa ville natale, Cetinje. Il représente le Monténégro à la 53e Biennale de Venise en 2009 et à l’Exposition universelle de Shanghai en 2010.
Artiste inclassable, Dado multiplie les mediums : peinture, dessin, gravure, collage, sculpture, céramique, fresques murales in situ (notamment au Domaine des Orpellières à Sérignan, à la chapelle Saint-Luc de la maladrerie Saint-Lazare à Gisors, dans un blockhaus de Fécamp et dans l'« Ambassade de la IVe Internationale » à Montjavoult). Les dernières années de sa vie, il va même jusqu’à se passionner pour Internet et le numérique, absorbé par la création testamentaire d’un « anti-musée virtuel en ligne » (www.dado.fr).

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